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Espionnage économique : votre savoir-faire intéresse peut-être plus de monde que vous ne le pensez

Espionnage économique

Un procédé de fabrication, un prototype, des plans, des résultats de recherche ou des données commerciales : le savoir-faire d’une entreprise représente une valeur qui peut susciter des convoitises.

Et le risque ne concerne pas uniquement les grands groupes. Les entreprises actives dans les hautes technologies, disposant d’un savoir-faire spécifique, occupant une position forte sur un marché de niche ou menant des activités de recherche et développement peuvent notamment constituer des cibles. Les conséquences peuvent être importantes : perte de secrets commerciaux, de mandats ou de clients, atteinte à l’image et pertes financières. Aide-mémoire sur l’espionnage é…

Les menaces peuvent prendre des formes très différentes : cyberattaque, collaborateur qui transmet des informations, visite d’une délégation, fournisseur ou consultant externe, prise de contact sur les réseaux sociaux, faux courriel d’un supérieur ou encore rencontre lors d’une foire ou d’une conférence. Aide-mémoire sur l’espionnage é…

Quand une simple visite devient un risque

Une délégation étrangère demande à visiter un laboratoire de recherche. Le directeur refuse. Une fois en Suisse, ses membres contactent directement un doctorant travaillant sur le projet et l’invitent à dîner. Celui-ci accepte finalement de leur ouvrir les locaux. Durant la visite, la délégation photographie le laboratoire, les équipements et les informations affichées sur place. Exemples de cas espionnage

Cet exemple illustre un principe essentiel : la protection du savoir-faire ne relève pas uniquement de l’informatique. Elle concerne toute l’organisation de l’entreprise et tous ses collaborateurs.

Check-list : votre entreprise a-t-elle les bons réflexes ?

Quelques questions permettent de faire rapidement le point :

  • Les informations sensibles sont-elles protégées par des droits d’accès adaptés ? Les données, documents, résultats de recherche ou prototypes sensibles ne devraient être accessibles qu’aux collaborateurs qui en ont besoin. 
     
  • Les visiteurs et délégations externes sont-ils systématiquement accompagnés ? Le contrôle des accès aux locaux constitue une mesure de protection importante. 
     
  • Les collaborateurs sont-ils régulièrement sensibilisés ? La menace peut passer par un courriel ciblé, un appel, les réseaux sociaux ou un message falsifié au nom d’un supérieur. Un collaborateur peut également transmettre des informations sensibles par inadvertance. 
     
  • L’accès aux ordinateurs et aux courriels est-il protégé par une authentification à deux facteurs ? 
     
  • L’utilisation d’appareils et de supports privés est-elle réglementée ? Clés USB, téléphones et ordinateurs privés ne devraient pas pouvoir être raccordés librement au réseau de l’entreprise.
     
  • Les informations publiées à l’extérieur sont-elles contrôlées ? Sites internet, publications et contenus diffusés par les collaborateurs ou la direction peuvent révéler des informations utiles à des tiers. Le SRC recommande un contrôle systématique et centralisé des informations publiées. 
     
  • Des règles spécifiques existent-elles pour les voyages d’affaires ? N’emporter que les appareils indispensables, limiter les données qu’ils contiennent, utiliser une connexion sécurisée et ne pas laisser de documents confidentiels dans une chambre d’hôtel font partie des mesures préconisées. 
     
  • Les demandes commerciales inhabituelles éveillent-elles votre vigilance ? Utilisateur final difficile à identifier, intermédiaire sans raison apparente, confidentialité excessive, conditions de paiement particulièrement avantageuses ou itinéraire de livraison incohérent peuvent constituer des signaux d’alerte. 
     
  • Un doute ? Mieux vaut le signaler. En cas de soupçon d’espionnage, le SRC recommande de conserver les preuves et de signaler l’incident dans les meilleurs délais à la police cantonale ou au Service de renseignement de la Confédération. 

La sécurité absolue n’existe pas. Mais des mesures adaptées permettent de réduire les risques et de mieux protéger ce qui fait souvent la valeur d’une entreprise : son savoir-faire.

Exemples de cas

Auteur à l’interne de l’entreprise
Un cadre supérieur passe des mois à collecter des informations classifiées de son employeur.

Il les copie sur des supports de stockage externes et les emporte hors du bureau.

Les données volées contiennent des formules classifiées, des photos secrètes d'installations de production et des documents sur des usines à l'étranger. Il partage les secrets commerciaux avec un concurrent étranger qui l'a déjà embauché.

L'employé est démasqué par son ancien employeur, qui a lancé sa propre enquête et contacté le parquet fédéral. L'employé est reconnu coupable d'espionnage économique et puni d’une peine pécuniaire.

Accès non autorisé par une délégation étrangère
Un directeur de recherche reçoit une demande d’une délégation étrangère pour visiter son laboratoire. Il se méfie et refuse la demande en expliquant qu’il est absent à l’étranger.

La délégation planifie d’autres rencontres avec des entreprises suisses. Après son arrivée en Suisse, elle contacte discrètement un doctorant, originaire du même pays, qui travaille dans le groupe de projet du directeur de recherche. Les membres de la délégation l'invitent à dîner et le persuadent de leur montrer les locaux du laboratoire de recherche.

Le lendemain, le doctorant reçoit la délégation et lui fait visiter les locaux. Pendant la visite, la délégation photographie le laboratoire, tous les équipements ainsi que le panneau d'affichage avec les noms et les photos de tous les membres du groupe de projet.

Voyage d’affaires
Une cadre d’entreprise se rend à l'étranger pour un voyage d'affaires en tant que membre d’une délégation suisse. Elle arrive dans sa chambre d'hôtel et défait ses bagages. Le soir, la délégation suisse est invitée par l’hôte à un dîner de bienvenue en ville. 

Avant de partir, l'employée range son ordinateur portable dans une pochette de sécurité, la ferme et la place dans un placard entre des serviettes. 

À son retour du dîner, l'employée entre dans sa chambre d'hôtel et fait une découverte choquante : la pochette de sécurité est déchirée et son ordinateur portable gît sur le lit. Elle signale l’incident à la direction de l'hôtel. Celle-ci lui explique que le personnel de nettoyage a pensé que le sac en plastique contenait du linge sale.

Partenariat
Une entreprise suisse de haute technologie se trouve dans une situation financière difficile. Afin de rester compétitive, elle a besoin de capital pour moderniser ses installations. 

Une entreprise étatique étrangère lui propose un partenariat stratégique et promet un prêt de plusieurs millions. L'entreprise scelle la promesse de prêt par une poignée de main et transfère la majorité de ses actions au partenaire étranger. 

L'entreprise suisse entame sa modernisation et embauche des employés supplémentaires. 

Le prêt promis ne se concrétise pas et les problèmes de liquidités s'aggravent. Pour accélérer le déblocage des fonds promis, l'entreprise suisse fournit au partenaire étranger de nombreux détails techniques sur son produit.

La situation financière se détériore encore, entraînant le surendettement. Le soutien financier des investisseurs étrangers continue de faire défaut, forçant l'entreprise suisse à déposer le bilan.

En savoir plus

Dans le Jura, le service de renseignement cantonal, rattaché à la Police cantonale, se tient à disposition des entreprises et organisations économiques pour leurs questions et besoins : poc.srcant@jura.ch. 

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